Vivobarefoot a longtemps fait du bon barefoot polyvalent. La Primus Lite, la Tracker, la Geo Court — chacune fait son boulot. Mais aucune n’était vraiment optimisée pour soulever lourd. Tu pouvais faire ton entraînement dedans, ça marchait, mais tu sentais que ce n’était pas leur terrain de jeu prioritaire.
La Motus Strength a changé ça en 2023. La Motus Strength II, sortie en 2025, n’est pas une révolution — c’est une mise à jour ciblée d’un modèle déjà très abouti. Probablement la meilleure chaussure barefoot pour la salle aujourd’hui. Et la plus chère.
Le maintien du pied
Taille comme prévu, ou pas ?
Cette fois oui, prends ta pointure habituelle. Et c’est une vraie nouveauté pour Vivobarefoot. Historiquement, la gamme Primus avait tendance à tailler un peu long — beaucoup de gens descendaient d’une demi-pointure. La Motus Strength II est calée sur le sizing standard, ce qui est une amélioration nette par rapport à la première version.
Le problème : Vivobarefoot ne fait toujours pas de demi-pointures. Si tu tombes entre deux tailles avec un pied étroit, descends. Avec un pied large, monte.
Comment elle se comporte sous charge ?
C’est là que la Motus Strength II justifie son prix. L’empeigne a été retravaillée par rapport à la V1 : languette plus structurée, maille ventilée sur l’avant-pied (la V1 chauffait sérieusement), surcouche en polyuréthane bio côtelée pour la résistance à l’abrasion. Tu sens le pied calé sans qu’il soit comprimé.
Pour des squats ou des soulevés de terre, c’est exactement ce qu’on veut : aucun écrasement de la semelle sous la charge, plate-forme totalement plate qui transmet la force sans perte, lacets qui maintiennent le médio-pied sans étrangler le métatarse. Tu peux étaler tes orteils dans la chaussure et “agripper” le sol avant de tirer. C’est exactement ce qu’un haltérophile ferait pieds nus, sauf qu’ici tu peux aussi sortir de la cage de squat sans te peler les doigts de pied sur les bumpers.
Le ressenti au sol
3,5 mm de semelle, est-ce que ça suffit pour la salle ?
Oui, et c’est le vrai argument de la Motus Strength. À 3,5 mm de semelle (dont 1,5 mm de crampons surélevés), tu sens le sol comme à travers une chaussette épaisse. Aucune autre chaussure d’entraînement de cette catégorie ne descend aussi bas. Les Nike Metcon, Reebok Nano, NoBull — toutes ont au minimum 8 à 12 mm de drop ou d’épaisseur effective. La Motus Strength te met directement au sol.
Sur des sprints courts, des intervalles, du saut sur caisson, du sled push : le retour proprioceptif est exceptionnel. Ton cerveau sait où sont tes pieds, comment ils atterrissent, comment ils poussent. Au bout de quelques semaines, ta technique de course en sprint se nettoie toute seule.
Et pour le CrossFit pur ?
Excellente. Les retours convergent (Jake Boly de That Fit Friend, Bryony Firth-Bernard chez T3, Men’s Fitness UK) : c’est une des rares chaussures barefoot qui supporte le CrossFit sans broncher. Battle ropes, grimper de corde, kettlebell swings, sled, double-unders, tout passe.
Petit point négatif : tu peux courir dedans, mais maximum 800 m par session. La construction renforcée la rend trop lourde et trop chaude pour de la distance. Pour l’échauffement et les sprints type Murph, c’est OK. Pour aller faire ta sortie longue dimanche, prends autre chose (Primus Lite 4 ou HFS II).
La durabilité
Combien de temps avant que ça lâche ?
C’est le compagnon le plus solide du catalogue Vivobarefoot. Surcouche en polyuréthane sur la maille, semelle dense conçue pour les abrasions du grimper de corde, lacets renforcés. Avec un usage CrossFit/salle quatre fois par semaine, tu peux tabler sur 18 à 24 mois sans souci structurel. Pour la première version sortie en 2023, beaucoup de gens en sont à deux ans et plus, et la chaussure est encore opérationnelle.
L’empeigne de la V2 corrige aussi les plis qui apparaissaient sur la V1 lors des fentes profondes — c’était un point faible identifié, c’est résolu.
L’accroche tient sur les surfaces de salle ?
L’accroche est exceptionnelle. Les crampons de 1,5 mm en motif omni-directionnel collent au tapis EVA, à l’asphalte, au sol stratifié de gym, aux plates-formes en bois. Pour les grimpers de corde, la gomme adhère parfaitement à la corde de chanvre.
Le verdict
À choisir si : tu fais du CrossFit ou de la powerlifting plusieurs fois par semaine, tu lèves lourd (squat 100 kg et plus, soulevé de terre 140 kg et plus), tu veux la meilleure chaussure barefoot du marché pour la salle sans compromis. Tu peux aussi te permettre 200 €.
À éviter si : tu fais de l’entraînement occasionnel ou modéré (la Primus Lite 4 fait 90% du travail pour la moitié du prix). Tu cherches une chaussure polyvalente quotidien + salle (pas son rôle, c’est un outil spécialisé). Tu fais surtout de la course (mauvais outil, lourde et chaude).
Notes du labo
- V1 contre V2 : la V2 améliore la maille respirante, la structure de la languette et le confort en flexion profonde. Si tu trouves la V1 en solde à -30%, c’est très bien aussi. Si tu pars sur du neuf, prends la V2.
- Sizing : les Vivobarefoot ont tendance à se “casser” un peu en largeur après quelques semaines. Si tu hésites entre deux tailles avec un pied étroit, descends.
- Programme de recyclage : Vivobarefoot accepte tes vieilles chaussures (toutes marques) en échange d’un avoir. Bon point pour la fin de vie du produit.
- Garantie 100 jours : si tu ne supportes pas dans les 100 jours, retour intégral. Réduit le risque sur l’investissement.